Driehaus, Druckenmiller, deux top traders

[Note: Cet article invité a été rédigé par Ben de Bourse Ensemble, un blog pour débuter en bourse. L’article fait partie de l’événement inter-blog « New Market Wizards ». Chaque jour pendant 13 jours, 1 ou 2 traders célèbres aux performances exceptionnelles seront présentés sur différents blogs participant à l’opération. Ces traders de légendes sont tirés du livre « The New Market Wizards: Conversations with America’s Top Traders » de Jack D. Schwager (« Les secrets des grands traders » en français). Ils vous donnent un aperçu de leur histoire, performances, styles et surtout ils partagent leurs conseils qui valent de l’or !]

Richard Driehaus: L'art de l'investissement bottom-up

Richard Driehaus: L’art de l’investissement bottom-up

Richard Driehaus: L’art de l’investissement bottom-up (Fonds)

Style d’investissement Focalisé sur les actions de croissance, c’est-à-dire à fort potentiel de croissance des bénéfices. Utilise l’analyse fondamentale pour choisir ses actions, et l’analyse technique pour le bon timing. Annule l’exposition au reste du marché en ajustant constamment des positions courtes et longues sur la tendance générale du marché. Change d’une action à une autre rapidement s’il pense que la seconde a un meilleur potentiel.
Marchés et Secteurs Actions small cap (petites capitalisations) américaines
Performances +30% de moyenne annuelle de 1980 à 1992. +67% en 1990 et +62% en 1991 avec seulement 3 mois de baisse et -4% au maximum.

Histoire de Richard Driehaus

Richard Driehaus s’est passionné pour la bourse étant enfant. À l’adolescence il a compris que c’était de la folie de suivre aveuglement les recommandations des autres. C’est à ce moment qu’il a commencé à se plonger dans toutes les newsletters et magazines financiers qu’il pouvait trouver pour se former. Ces années de recherche ont formé le socle de son approche qu’il a utilisé par la suite en tant qu’analyste financier et gérant de portefeuille.

Après la fac, Driehaus travaille comme analyste de recherche mais est profondément déçu en réalisant que les vendeurs n’écoutent pas ses recommandations. Il gère pour la première fois un capital en 1970 chez A. G. Becker et s’aperçoit qu’il réussit encore mieux que ce qu’il espérait. Il se retrouve parmi les 1% des meilleurs gérants.

Driehaus accumule plusieurs autres expériences au sein de différentes entreprises avant de démarrer sa propre société en 1980.

Driehaus s’est consacré à la philanthropie toute sa vie. Il a démarré la Richard H. Driehaus Foundation en 1984 avec $1 million et en gérant lui-même ce capital. Fin 1991, le capital avait grossi à environ $20 millions.

Conseils de Richard Driehaus

  • Vous devez avoir une philosophie de trading que vous comprenez, dans laquelle vous croyez fermement et avec laquelle vous êtes complètement engagé.
  • Cette philosophie de trading vous aide à tenir vos positions ou à appliquer votre plan de trading dans les moments difficiles.
  • Cette philosophie vous est propre et se construit avec énormément de recherches, sans être bêtement transférée d’une personne à une autre.
  • Concentrez-vous sur les actions au fort potentiel de croissance des bénéfices, peu importe le PER (“Price Earning Ratio” en anglais, “le ratio cours / bénéfices” en français).
  • Utilisez l’analyse fondamentale pour sélectionner des actions à acheter et l’analyse technique / graphique pour choisir le bon timing (on retrouve la même approche qu’avec William O’Neil).
  • Faites ce qui est juste, pas ce qui est confortable.
  • Pas besoin d’avoir raison souvent, le plus important est d’aller à fond si vous êtes confiant et de conserver vos positions suffisamment longtemps pour profiter de la hausse.
  • Visez haut pour votre performance et vous pouvez agréablement vous surprendre.
Stanley Druckenmiller: L'art de l'investissement top-down

Stanley Druckenmiller: L’art de l’investissement top-down

Stanley Druckenmiller: L’art de l’investissement top-down (Fonds)

Style d’investissement Achat et vente à découvert de différents produits. Utilise l’analyse technique et l’analyse de liquidité pour le bon timing. Utilise de nombreux marchés et supports pour aller là où la performance se trouve.
Marchés et Secteurs Actions, obligations, devises.
Performances +38% par an en moyenne avec le fond à plusieurs milliards de dollars Quantum. Entre +37% et +45% par an en moyenne avec son fond Duquesne.

Histoire de Stanley Druckenmiller

Stanley Druckenmiller est un des rares gérants de fonds à avoir un portefeuille de plusieurs milliards de dollars. Il s’agit du fond Quantum, de son mentor et idole, le célèbre George Soros.

Druckenmiller a commencé sa carrière comme analyste actions à la Pittsburgh National Bank après avoir renoncé à poursuivre des études supérieures. Un an plus tard il est promu au poste de directeur de recherche actions. Encore un an plus tard, il se retrouve chef de département. Deux ans plus tard, à 28 ans, il quitte Pittsburgh National Bank pour créer sa propre entreprise en gestion de capital, Duquesne Capital Management.

Il se fera recruté par Dreyfus en 1986 comme gérant de fond tout en continuant à gérer Duquesne Capital. Il connait un tel succès chez Dreyfus, qu’il gère sept fonds différents.

En 1988, Druckenmiller quitte Dreyfus pour rejoindre selon lui le meilleur investisseur de notre époque, George Soros. Ce dernier lui donne rapidement les commandes de son fond Quantum pour se libérer du temps et pouvoir aller transformer les économies de l’Europe de l’est.

Conseils de Stanley Druckenmiller

  • Pour afficher une performance hors du commun vous devez tout faire pour préserver votre capital tout en cherchant les home runs.
  • Pour les home runs, profitez de la situation et utilisez le levier quand vous avez déjà une longueur d’avance et que tout se passe bien.
  • Si vous faites une erreur, essayez de la résoudre tout de suite!
  • Ayez la capacité à accepter la vérité qui fait mal comme par exemple le marché ou un événement qui se retourne contre votre position.
  • La première chose à analyser est de comprendre les raisons qui font grimper une action, et ces raisons change d’une action à l’autre, ou d’un secteur à un autre.
  • Si vous devez absolument gagner, alors vous ne gagnerez pas car la pression sera trop importante et vous prendrez les mauvaises décisions.

Rendez-vous sur Bourse Ensemble pour accéder à la liste de tous les autres grands traders déjà présentés et pour la suite demain avec « Gil Blake: Le maitre de la régularité (Fonds) »…

Les 7 avantages d’investir son épargne dans les SCPI ?

Un article sur l’opportunité d’investir son épargne dans les SCPI, ça pourrait paraître étonnant : le site s’appelle « Meilleures sicav » et non « meilleures SCPI » ! Dans le cadre de la détermination d’une allocation d’actifs simple à établir, j’ai complété mon précédent article sur le portefeuille permanent par une déclinaison des principes de Harry Browne sur un marché français dans lequel je proposais d’intégrer de l’immobilier au sein de son portefeuille.

scpi épargne

 

Crédits photo : juanktru

L’allocation d’actifs à la « Harry Browne » permet de répartir de façon automatique son portefeuille en 4 parties égales : actions, liquidités, obligations à long terme, or. Les analyses que j’ai faites sur la période 1994-2013 nous donne une performance de 5,32% annualisés – ce qui est quasiment la performance des la plupart des SCPI de rendement l’année dernière (attention, il faut lire les commentaires jusqu’au bout pour trouver le bon chiffre : j’avais pris des OAT 10 ans au lieu des OAT 30 ans dans un premier temps).

La difficulté avec l’immobilier, c’est que l’on considère que c’est un marché de spécialistes – ce qui n’est pas complètement faux – mais surtout on n’acquiert pas de l’immobilier comme une baguette de pain : le ticket d’entrée est rapidement de l’ordre de 150.000 € pour un bien locatif à Paris ou Lyon. Nous sommes très loin de la méthode que je partage ici qui porte sur un investissement régulier et progressif. Par ailleurs, la fiscalité implique que les revenus fonciers s’ajoutent à vos revenus et sont frappés par la CSG.

Est-ce une raison pour se détourner de l’immobilier ou se précipiter sur les offres « fiscales » pour optimiser son imposition ? C’est dans ce contexte que les SCPI peuvent offrir une opportunité de diversification. Avant de présenter l’intérêt d’intégrer des SCPI dans son contrat d’assurance-vie, commençons par présenter brièvement le fonctionnement de la « pierre papier » (« ciseau  » ? ;-)).

 

Qu’est-ce qu’une SCPI ?

Littéralement, une S.C.P.I. est une société civile de participation immobilière : c’est une société qui collecte l’épargne publique pour l’investir dans un parc immobilier. De ce fait, elle doit établir une note d’information visée par l’AMF (l’Autorité des Marchés Financiers) – ça ne préserve pas de tout, mais ça évite de faire n’importe quoi…

Sinon les puristes me pardonneront le raccourci : La SCPI est un peu à l’immobilier ce que la SICAV est à la Bourse. L’épargnant fait l’acquisition de parts d’une société qui détient et qui gère un parc immobilier.

Il existe aujourd’hui environ 160 SCPI en France, avec des objectifs et des spécialisations diverses : SCPI de rendement (principalement investies dans l’immobilier commercial ou de bureau) ou des SCPI « fiscales » (Duflot, Malraux…). Parenthèse au passage : il ne faut pas se focaliser sur l’économie fiscale pour choisir ce type de produit, mais bien regarder l’espoir de gain sur l’ensemble de la durée de détention.

 

Comme l’indique le graphique comparé sur la période, les performances des SCPI sont assez régulières sur la durée (avec une nette période baissière entre 1993 et 1998) assurant un gain conséquent de pouvoir d’achat au regard de l’évolution de l’inflation. La progression est moindre que le marché des actions françaises ou celle d’un logement parisien – qui représente un élément à part dans la dynamique de l’immobilier français.

 

performances SCPI

 

Quels sont les 7 avantages des SCPI ?

Les avantages des SCPI par rapport à un bien immobilier traditionnel sont assez nombreux.

1°/ la mutualisation du risque

Dans un premier temps, l’avantage principal est la mutualisation du risque. Quand votre locataire quitte votre bien vous toucher 0% des loyers attendus – et si vous avez un emprunt qui court, c’est autant de sortie de trésorerie. Au sein d’un parc immobilier, on regarde le taux de vacances dans sa globalité : le départ d’un seul locataire est mieux amorti. Au lieu de posséder 100% d’un unique bien, vous détenez 1% de 100 biens différents…

2°/ Un rendement locatif accru grâce à l’accès à l’immobilier commercial ou de bureau

Si le ticket d’entrée évoqué plus haut pour accéder à un bien locatif à usage d’habitation est important, l’accès à l’immobilier de bureau l’est encore davantage – sauf peut-être si vous avez l’occasion d’acheter le local à kébab à côté de chez vous, et encore… Grâce aux SCPI dites « de rendement », vous pouvez faire l’acquisition d’une portion de ce type de biens. Une réserve néanmoins en termes de corrélation de classes d’actifs : lorsque l’économie est morose, les loyers baissent comme les taux d’occupation. La corrélation de l’immobilier de bureau est plus forte avec le marché action que l’immobilier d’habitation.

3°/ Aucune gestion d’immeuble ou de locataire

La SCPI vous verse, le plus souvent trimestriellement, des loyers déduits des frais de gestion. Vous ne faites signer aucun bail, ne changer aucun pommeau de douche… Ce service peut également être apporté lorsque vous confiez votre bien à une agence. Dans le cas de la SCPI, l’option est activée par défaut.

4°/ Aucun appel de trésorerie pour réalisation de travaux ou autres imprévus

J’ai déjà évoqué la mutualisation du risque locatif : la vacance d’un locataire génère non seulement un manque à gagner mais peut également détériorer votre trésorerie si vous avez un prêt en cours sur ce bien. Il arrive également que vous soyez obligé d’entreprendre des travaux importants (charpente, toiture, boiserie, mise aux normes des cages d’escalier, ravalement de façade…). Dans ce cadre de la SCPI, c’est la société qui gère et qui emprunte le cas échéant.

5°/ L’investissement en SCPI apporte de la flexibilité

Accessible à partir de quelques milliers d’euros, c’est votre budget qui détermine précisément la taille de votre investissement. Pour un bien immobilier, en fonction des opportunités, vous pouvez vous retrouver avec une épargne résiduelle plus ou moins importante. Avec les SCPI, vous pouvez lisser vos investissement avec quelques milliers d’euros par an (ce qui est déjà une somme). Dans le cadre de l’immobilier en direct, c’est plus délicat.

6°/ Facilité relative de revente

C’est un point qu’il faut vérifier avant d’acquérir des parts de SCPI, c’est l’animation du marché secondaire : dans quelles conditions peut-on revendre ses parts ? Lorsque la SCPI dispose d’une taille critique, le marché secondaire est animé et la sortie est relativement facile par rapport à un bien immobilier traditionnel. Ce sont les frais (ou la décote éventuelle) qu’il faut analyser.

 7°/ Frais de sortie/frais d’entrée vs. Droits de mutation et frais de notaire

Le sujet, toujours délicat pour ce type d’investissement, ce sont les frais d’entrée. Fortement habitué au marché actions, j’ai psychologiquement toujours beaucoup de mal à voir afficher une moins-value latente sur un actif que je viens d’acquérir. J’avais 1.000 euros, j’achète un actif, je me retrouve avec 900 euros… A +/- 5% de rendement, il faut

 

Les SCPI doivent souffrir de quelques inconvénients par rapport à de l’immobilier : en mutualisant les risques, vous mutualisez les gains. Donc si vous savez dénicher les bonnes affaires, les retaper et les valoriser pour sortir un meilleur rendement et une confortable plus-value, vous perdez cet avantage avec les SCPI…

Si vous souhaitez disposer de revenus immédiats (les fameux « revenus passifs »), il faudra alors opter pour des SCPI de rendement – vous toucherez vos loyers de façon trimestrielle. L’option fiscale peut être intéressante selon votre taux d’imposition et vos revenus fonciers existants. Attention néanmoins à la durée de détention : l’investissement en SCPI, comme l’immobilier, est d’abord à envisager à long terme. Pour bénéficier à plein des SCPI Duflot (comme des précédentes SCPI Scellier), il faut détenir les parts sur toute la période visée par la loi (soit 9 ans) au risque de perdre l’intégralité du bénéfice fiscal.

 

Le levier bancaire pour acquérir des parts de SCPI

Comme pour l’immobilier traditionnel, vous pouvez solliciter un prêt immobilier pour acquérir des parts de SCPI avec des prêts allant de 8 à 15 ans (voire davantage). Il y a plusieurs limites à cette démarche : il faut contracter un prêt immobilier pour que vous puissiez déduire les intérêts d’emprunts de vos revenus fonciers – et souvent elles fixent un minimum pour ce type d’opérations (elles n’aiment pas prêter de petits montants). Par ailleurs, certaines banques n’octroient de prêts que pour souscrire à des SCPI de leur réseau. Parfois la rémunération la plus attractive ne correspond pas aux conditions d’emprunts les plus compétitives.

L’objectif de l’opération, c’est de financer l’acquisition de vos parts à un taux de crédits inférieur au rendement des parts que vous détenez. Par exemple, vous vous endettez à un taux de 4,5% et les parts génèrent un revenu de 5,5% par an. Vous serez véritablement gagnant sur ce type d’opération surtout si le prix de la part s’apprécie avec le temps et si l’évolution de la fiscalité ne remet pas en cause l’équilibre économique de votre investissement. Les anticipations sont mitigées sur l’immobilier d’habitation, il semble préférable de privilégier l’immobilier de bureau et commercial (je ne suis pas un spécialiste du sujet).

Dans le second volet de l’article, je traite de l’acquisition de parts de SCPI au sein d’un contrat d’assurance-vie.

N’hésitez pas à partager un commentaire avec les autres lecteurs votre expérience d’investissement des SCPI. Si vous n’en avez pas, est-ce que vous êtes tenté ? 

Pour aller plus loin, on peut consulter ce guide intéressant dont est extrait le graphique relatif à la performance des SCPI.

Comment placer son argent avec le « permanent portfolio » de Harry Browne

Le début d’année est propice pour faire le point sur son allocation d’actifs. Le « permanent portfolio » de Harry Browne permet d’apporter une réponse simple et assez pragmatique à cette question ardue.

Harry Browne (1933-2006) est notamment connu pour avoir été le candidat du parti libertarien en 1996 et 2000 aux Etats-Unis. Il est également l’auteur d’une douzaine de livres d’inspiration libertarienne  sur le développement personnel dans lesquels le rapport à l’argent a une certaine place (Fail-Safe Investing: Lifelong Financial Security in 30 Minutes en 2001 par exemple, dont on pourrait traduire le titre par « Investissement sans risque : la sécurité financier à vie en 30 minutes »). Il est donc connu pour avoir développé la théorie du « permament portfolio », le portefeuille permanent.

 

Une allocation en forme de quatre quarts

L’allocation d’actifs stratégique est fondamentalement simple : c’est un quatre quarts !

  • 25% d’actions américaines (ou un fonds indiciel s’appuyant sur le S&P 500)
  • 25% d’obligations d’Etat à long terme,
  • 25% d’or (plutôt de l’or physique),
  • 25% de liquidités (livrets d’épargne…).

quatre_quarts Crédits photo : Bruno Girin

Nous sommes ici dans un contexte américain, il faut le décliner en monnaie locale pour suivre les précepte de Browne. Dans notre cas, nous aurions 25% d’actions européennes, 25% d’obligations européennes. Pourquoi ma remarque sur l’or ? Quitte à avoir de l’or pour raison défensive, autant en disposer physiquement : s’il y a vraiment une crise globale du système économique, il est assez probable que les stocks d’or physique ne couvrent pas les engagements des divers établissements financiers en termes d’or papier.

Les performances d’un tel portefeuille ne vous permettront pas de vous offrir la voiture de vos rêves, mais, de par la faible corrélation entre les différentes classes d’actifs, ce portefeuille est extrêmement défensif. Un des axes de la méthode que je présente sur le site est la simplicité. On est en plein dedans : pas de questionnaire de profil, pas d’analyses macroéconomiques.

Comment équilibrer son portefeuille au fil du temps ? Une classe d’actifs représente plus de 35% ou moins de 15% du fait des variations d’une période à l’autre ? Il suffit de réinitialiser l’ensemble du portefeuille en vendant les actifs les plus représentés, pour racheter les actifs les moins représentés et revenir sur la répartition initiale en quatre quarts.

 

Performances du portefeuille permanent

Les performances affichées pour les portefeuilles composés sur ce principe sont assez bonnes : 9,7% par an sur la période 1972/2011,  3 années dans le rouge en 40 ans (-4,1% en 1981 étant la perte maximale). Dit comme ça, après des années comme 2008, on aurait envie de signer tout de suite.

 

performances_permanent_portfolio

Source : crawlingroad.com

On obtient à peu près la même chose que pour les actions en termes de performance, mais avec une volatilité extrêmement réduite. Ces résultats sont confirmés sur le site de harrybrowne.org, mais ils ne sont à jour que jusque 2003.

 

Les avantages de cette philosophie d’investissement

1. Ce portefeuille a des vertus didactiques

Il permet de comprendre l’importance de disposer d’actifs décorrélés dans son patrimoine. Il constitue un peu le degré zéro de l’allocation d’actifs stratégique. Je ne mets pas tous mes œufs dans le même panier, et comme je ne veux pas trancher, je les répartis également en 4 parties. Le portefeuille ne pose pas la question de l’allocation d’actifs tactique : dans les actions, j’investis tout sur l’indice le plus large – pas de question sur la place des valeurs cycliques ou les sociétés de croissance.

2. le portefeuille est facilement accessible, ou presque

Le ticket d’entrée est faible : quelques centaines d’euros suffisent. La partie actions peut passer par l’achat d’un tracker indiciel (sur le S&P500 ou une autre base, selon le pays d’origine). La partie « obligations long terme » peut passer par un contrat d’assurance-vie en euros. Enfin la partie « liquides » peut être investie dans des livrets ou des SICAV monétaires (pour celles-ci, je dirais « au pire », aujourd’hui).

La partie « or » est un peu plus complexe si on choisit de l’or physique. Il y a un ticket d’entrée. On n’achète pas des pièces d’or, même des Napoléon, à chaque coin de rue. Il faut donc trouver le bon intermédiaire. Il est nécessaire de passer ou de vivre dans une grande ville.

Hormis pour ce dernier volet, il n’y a pas besoin d’intermédiaires comme des conseillers en patrimoine. On est autonome.

3. le portefeuille ne demande aucun travail de prédiction, ni de réflexion humaine

La répartition se fait a priori, quoi qu’il arrive. Personne n’arrive à prédire l’avenir. Si on veut avoir raison sur des options extrêmes, il faut en faire beaucoup et ressortir les quelques anciennes qui pourraient s’avérer pour passer pour un oracle. L’exercice est pourtant intéressant, il n’est pas accessible à l’épargnant lambda.

En outre, tout le travail d’investissement peut quasiment être automatisé.

4. la performance du portefeuille est très correcte

Ces facteurs importants de chute portent sur la partie « risquée » du portefeuille, à savoir les actions. Et quand les actions sous-performent, le portefeuille corrige un peu moins. Mais évidemment, il sous-performe quand les actions performent fortement. L’évolution erratique de l’or sur les dernières années vient nuancer ce point.

5. On atténue la peur de perdre, qui recule la décision d’investir

Regardez la presse : on trouve toujours un argument pour ne pas investir. C’est vrai pour l’immobilier (« c’est trop haut ! ça n’a jamais été aussi cher ! »), comme pour la bourse (certains annoncent des chutes de 40% du CAC40 cette année, d’après Capital. C’est un peu comme les sites « sociaux » d’avis sur les hôtels ou les restaurants : il y a toujours des avis extrêmes qui nous font dire « mais l’hôtel n’est peut-être pas si bien que ça ». Est-ce une raison pour ne pas partir en vacances ?

Le portefeuille permanent prend en compte le fait qu’on ne peut pas faire de prévisions fiables, que les actifs évoluent tous à leur rythme. Mais l’investisseur accepte pleinement la nature de ces évolutions, il assume alors pleinement le risque de ces opérations.

 

Verdict, faut-il confier toute son épargne à Harry Browne ?

Ce que j’aime bien dans le portefeuille permanent, c’est que c’est simple. On comprend bien l’intérêt d’avoir une répartition d’actifs décorrélés. Bien sûr si vous voulez acheter une Ferrari F12 (d’occasion), vous pouvez mettre 10.000 euros sur le 21 à la roulette. Vous avez une chance sur 32 de gagner… Mais vous conviendrez avec moi que ce n’est pas tellement diversifié et que, quoi qu’il arrive, il n’est pas certain que la Ferrari constitue votre premier besoin pour votre retraite…

Avant de faire le « grand saut » ou, en tout cas, d’avoir un avis nuancé sur cette répartition, il reste quelques points en suspens :

  • Que donne l’adaptation à la France ? Les résultats sont donnés en dollars, sur la base des bourses américaines avec de l’or libellé en dollar.
  • Comment effectuer le rééquilibrage du portefeuille ? De façon annuelle ou en cas d’écart important ?
  • Comment faire vivre ce portefeuille ? En investissant une fois pour toute en début de période ou progressivement ? Comment la stratégie se décline-t-elle ?

Pour répondre à ce suspens insoutenable (tout suspens est « insoutenable » ou n’est pas), ce billet aura donc un second volet qui tentera d’approfondir des éléments de réponse.

 

 

A lire ailleurs pour aller plus loin

 

 

Performances de décembre 2013, toujours soutenues par les US

 

indice_décembre_2013

Le mois de décembre est plat sur le CAC40 et reste dynamique sur la marché américain : le S&P500 s’apprécie de 2%, soit près de 30% sur l’année – hors dividende. Avec 18% pour le principal indice français, l’année 2013 est indéniablement une excellente année boursière : c’est une évidence de dire que si on avait eu connaissance d’une telle progression, on aurait investi massivement en début d’année.

 

palmares_sicav_12_2013

 

Sur l’année, notre sélection de supports français et européens déçoit légèrement. La sélection américaine soutenue par les fonds biotech ou santé compense largement.

palmares_fcp_12_2013

Parmi les challengers, pas de vraie surprise sur l’année. « HSBC Actions Internationales G » assure une certaine diversification mais largement en-dessous de l’évolution du MSCI World Index (38% sur 2 ans). CPR Silver Age bénéficie du dynamisme du secteur santé/biotech mais en restant en-deçà des performances du S&P500 et des fonds sélectionnés.

Pour 2014, seuls les fonds encore dans un cycle haussier, et qui seraient absents de la sélection 2014, seront suivis : avant un signal de vente, il n’y a aucune raison de se séparer des lignes dont on dispose.

Bilan 2013, en route vers 2014

Je cède à l’exercice du bilan en cette fin d’année. Ce qu’attendent les lecteurs d’un blog, c’est un point de vue personnel et l’exercice permet de formaliser un point d’étape et planter les perspectives à venir.

bilan 2013

 

Crédits photo : LaTransfo

L’année de la mise en place et de la rencontre de l’audience

Comme pour tout lancement de site, il a fallu caler les différents éléments du blog et j’ai posé la nouvelle charte graphique en octobre (ce qui m’a donné l’occasion de passer un week-end à Sète, je remercie au passage Coni & Blyde – si vous cherchez une montre Vintage ou un photographe institutionnel…). Il reste quelques fignolages (notamment des formulaires et des graphiques…). Mais l’essentiel est dans la production de contenu.

Si les premiers articles sur ce blog datent d’un an, l’audience a commencé à être au rendez-vous à partir de fin mai, prenant une ampleur beaucoup plus importante à partir de fin août. Près de 50 articles publiés (49 avec celui-ci), un peu plus de 440 followers sur le compte Twitter de @MeilleuresSicav après avoir relancé un compte au mois de juillet (j’avais conservé le compte du précédent site jusque l’été), plus de 1.000 tweets (compte identifié rapidement dans l’étude d’Alban Jarry sur l’asset management français sur Twitter :-)). Je ne fais pas grand-chose sur Facebook pour l’instant, parce que je pense que les lecteurs vont chercher autre chose sur ce réseau social que de l’information sur l’épargne (et je ne peux pas être partout).

Je me suis essayé à la réalisation d’une vidéo (par capture d’écran), sur « comment choisir une SICAV en moins de 10 minutes, quand on y connaît rien ou presque » qui remplit son office, même si elle ne détrônera pas celles de chats qui tombent sur youtube… Mais c’est surtout la publication du Guide des Meilleures SICAV 2014 qui a donné une visibilité supplémentaire au site.

Je suis plutôt content des résultats en termes de référencement : que le site soit premier en français sur des expressions sur lesquelles j’ai produit à dessein le seul article francophone (comme pour le Latte effect) n’est pas une surprise. Le site est toujours très bien positionné sur « meilleures SICAV » – je vais vous avouer un grand secret qui ne surprendra personne : j’ai choisi ce nom à cette fin. Mais le site arrive souvent à maintenir sa 9ème position sur « SICAV », ce qui n’est pas mal quand on étudie l’environnement concurrentiel. Le site ne rentrera pas cette année dans les sélections du site « comment devenir Ninja gratuitement ? » qui collectionne les expressions originales rentrées dans les moteurs de recherche pour trouver un site (oui, vous l’aurez compris tout est dans le « gratuitement »). Mais dans le registre, je n’ai pas trop été étonné qu’on puisse trouver le site avec « d’abord la jambe gauche, toujours » (parce que j’avais repris la citation la publicité de Volvic de Zinédine Zidane). Sauf qu’à ce petit jeu, le site arrive 2ème sur « je te latte »…

 

Une intégration progressive dans la « blogosphère » financière et des contacts riches

Partie visible, j’ai participé à 4 événements interblog :

J’ai également réalisé un article invité sur Culture Financière qui m’a apporté beaucoup de visite (merci Phil).

Je n’ai pas donné suite, pour l’instant, aux demandes d’articles sponsorisés. Je n’ai rien contre cette pratique, a priori. En outre, elle contribuerait à montrer que le site a une certaine reconnaissance puisqu’on y achète de l’espace. Mais j’avais peu de frais en 2013 et il me faudrait beaucoup plus pour financer les projets que je dévoile partiellement plus bas pour 2014.

En plus des contributions des lecteurs et différents blogueurs, j’ai eu également le plaisir de publier un excellent billet de Benoît Metayer (Afelians) sur la possibilité pour une portefeuille de battre le marché.

Parmi les autres échanges, certains sont encore en train de mûrir, mais vous avez été nombreux à lire (et essayer) le service de FundsShop qui propose un sélecteur de fonds et l’établissement d’un profil de risque.

Mes souhaits pour 2014

On ne se prête pas à l’exercice du bilan sans quelques mises en perspectives.

Mon premier souhait est d’être un peu plus régulier : un article par semaine, c’est un bon rythme pour que le blog vive et pour que les lecteurs trouvent plaisir à interagir. J’ai été rappelé gentiment à l’ordre, à juste titre, sur la publication des performances mensuelles. En tant que tel, ce travail ne me prend pas trop de temps, mais ma fin d’année professionnelle a été extrêmement chargée (elle prendra nécessairement une nouvelle tournure – je sais que certains d’entre vous consulte mon profil LinkedIn ou viadeo, c’est fait pour ça ;-)). J’ai déjà une liste d’une cinquantaine d’articles à écrire pour les prochaines semaines, je ne suis pas (encore) en panne d’inspiration.

Dans la même optique, sauf période de vacances, je souhaite prendre l’engagement d’une réponse sous une semaine. J’ai encore quelques commentaires et une trentaine de mails sans réponse. Même si vous êtes particulièrement compréhensifs, ça nuit nécessairement à la vie du site.

Aussi depuis quelques semaines, je travaille à quelques développements techniques pour vous faciliter la tâche dans l’application des différentes étapes de la méthode que je présente, et l’étendre à d’autres contrats d’assurance-vie (j’ai beaucoup de mails sur ce sujet, et je n’ai choisi mon contrat d’assurance-vie que parce que je disposais des outils pertinents). Sur le papier, les choses avancent bien (j’ai planté un magnifique paperboard dans mon salon pour travailler en mode « agile » – SCRUM pour être plus précis), mais la suite va nécessiter un peu plus que de l’huile de coude et donc quelques moyens financiers que je n’ai pas complètement évalués.

Dans cette optique, je souhaite finaliser d’ici la rentrée prochaine une première version d’un outil de formation. J’ai beaucoup de billets, d’idées d’article, d’outils excel ou de fiches pratiques. La publication en mode « blog » peut nous faire perdre un peu le fil de l’apprentissage. Il est probable d’ailleurs que je lance un rapide sondage dans le courant du premier trimestre pour construire avec vous l’outil qui vous conviendrait le mieux.

En attendant, je vais continuer à contribuer au développement de l’audience en travaillant davantage les thématiques relatives à la gestion de l’épargne personnelle. Idéalement, il faudrait que je déploie la même méthode que celle du guide sur un autre contrat, par exemple un contrat en ligne avec des frais réduits – un des acteurs majeurs de l’assurance-vie en ligne s’est mis à me suivre la semaine dernière sur Twitter (mais je ne pourrais pas investir avec mon propre argent sur tous les contrats, il faudra que je sois largement sponsorisé ;-)).

 

D’ici là, je vous souhaite une excellente année 2014 à tous !